" La mobilisation des acteurs et des exploitants autour du Certiphyto est encourageante. On estime que 35.000 personnes seront passées dans les centres de formation fin 2010, à l'issue de la période expérimentale. C'est plus que ce que l'on espérait, et l'affluence ne diminue pas, même en période de forte activité agricole, d'avril à juin. La santé des opérateurs et la gestion des effluents est ce qui intéresse le plus les exploitants. L'approche sur les méthodes pour diminuer le recours aux pesticides est plus complexe car les agriculteurs n'ont pas attendu le Certiphyto (*) pour tester et adopter les couverts végétaux, les bandes enherbées, ou l'utilisation d'auxiliaires. Et nous, formateurs, nous devons sans cesse adapter les contenus au vécu des agriculteurs. Pour les produits phytopharmaceutiques, il faut replacer leur utilisation dans une démarche globale de protection de la plante et dans un contexte de diminution des matières actives disponibles. Nous insistons alors beaucoup sur la complémentarité des approches. Certes, deux jours de formation ne vont pas transformer radicalement les exploitations mais la répétition des messages permet de sensibiliser et d'initier des démarches de progrès. La formation est un outil efficace pour initier des changements, comme nous avons pu le mesurer avec près de 5 ans d'expérience. " Ronan Vigouroux, chef de projets « bonnes pratiques » à l'UIPP (*) Certiphyto est un certificat attestant que l'exploitant sait utiliser les pesticides au regard de la santé humaine et du respect de l'environnement. Propos recueillis par le site www.campagnesetenvironnement.fr
C'est ce qu'a estimé Alain Garrigou, de l'Université Bordeaux 1 et 2, lors du colloque sur les risques professionnels liés à l'application des pesticides, organisé le 6 mai dernier par l'Anact (Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail). L'universitaire poursuit " il faut avant tout apprendre aux agriculteurs à changer leurs comportements, leurs pratiques, les former à prévenir les risques dans l'organisation de leur travail ". Les démarches en matière de prévention ne manquent pourtant pas, mais il manque encore une action commune d'envergure : " ce travail collectif existe mais est encore insuffisant. Il est néanmoins nécessaire pour que les produits que nous mettons en marché soient correctement utilisés " précise Isabelle Delpuech, de Syngenta. En conclusion du colloque, Jack Bernon, responsable du département " santé et travail " à l'Anact déclare : " Nous allons réaliser un catalogue de toutes les propositions émanant du colloque pour que les différents acteurs puissent les développer… et pourquoi pas ensemble. Enfin, préconiser la lecture de l’étiquette des produits ne suffit pas, il est nécessaire de trouver un autre discours et de le faire passer par la coopération, le négoce, les Cuma… Il faut trouver le moyen de mettre l’applicateur au coeur du dispositif afin de le sensibiliser et faciliter la remontée des vraies questions de terrain ". Télécharger la lettre d'infos de l'UIPP
Ingénieur agronome de formation, spécialisé en management international, Jean- Pierre Princen a fait ses premières armes chez Cargill, leader mondial de l’alimentation humaine. Passionné par la protection des plantes, il s’est ensuite orienté vers le secteur phytopharmaceutique. Il a occupé différentes fonctions chez Monsanto en Europe et aux Etats-Unis au sein de différents pôles : chimie, semences et biotechnologies. Depuis 5 ans, il est le Directeur Général de l’activité Protection des Cultures chez Dupont de Nemours France et Benelux. En prenant ses fonctions Jean-Pierre Princen a déclaré : " En acceptant la présidence de l’UIPP, je me suis fixé plusieurs missions pour réconcilier nos produits avec la société, montrer leur utilité et prendre nos responsabilités. L’une de mes priorités est d’encourager l’UIPP à intensifier ses démarches de progrès et notamment le travail amorcé sur la thématique santé des agriculteurs ". Aux côtés de Jean-Pierre Princen, quatre vice-présidents et leurs suppléants respectifs, ainsi qu’un trésorier se répartiront les dossiers du secteur et détermineront la stratégie de l’UIPP : • Vice-président Affaires Réglementaires : Frank Garnier (Bayer France) • Vice-président Communication et Bonnes Pratiques : Rolf Reinecke (Basf Agro SAS) • Vice-président des Affaires Economiques : Denis Tardit (Syngenta Agro SAS) • Vice-président Biotechnologies : Yann Fichet (Monsanto Agriculture France) Contact UIPP – Claire Morin – 01 41 31 52 05 – cmorin@uipp.net